Commission de la vérité sur le franquisme

La mémoire espagnole   (voir camp de concentration de Djelfa)

La guerre civile espagnole qui a duré de juillet 1936 à mars 1939, s’achevant par la défaite des républicains et l'établissement de la dictature de Francisco Franco, n’a pas encore éteint ses cendres.

En effet, la recherche de la réalité a laissé place à la création de la première commission de la vérité en Espagne, dénommée « Comisio de la veritat » et qui a pour objectif de récupérer la mémoire afin de réaliser une étude exhaustive sur ce noir pan historique vécu par les Espagnols. Cette commission, qui a récemment vu le jour à Valence sur la côte Est de la péninsule ibérique, a pris l’envergure d’un organe multinational où prennent part d’éminents historiens, archéologues, universitaires et juges du Tribunal international de la Haye. Il faut savoir que la « comisio de la veritat » est une initiative prise à la suite d’une décision, la première en son genre, émise par une juge, obligeant la mairie à procéder à des excavations d’une fosse commune située dans le cimetière communal et où l’on assure que des milliers de squelettes de personnes mortes des suites des représailles franquistes s’y trouveraient. Toutefois, cette notion de création d’une commission de la recherche de la vérité a déjà été avancée en février 2005 par le fameux juge anti-terroriste, Garzofl Baltazar, pour élucider les crimes perpétrés par les troupes de Franco. Il a été dit que l’Espagne n’a pas subi une « catharsis collective » pour pouvoir se réconcilier, mais elle a préféré demeurer dans le silence et effacer ainsi la mémoire en tombant dans l’oubli. Mais, c’était sans compter sur les inconditionnels réveilleurs de conscience qui profitèrent de cette sentence judiciaire leur ouvrant, ainsi, la voie pour mettre sur pied une entité de recherche sur la répression franquiste et redorer le blason des républicains qui subirent les affres de la guerre civile. Enfin, si cette commission a, dit-on, été internationalisée c’est aussi parce que l’ampleur du désastre franquiste dépasse les frontières du pays de Cervantes. Faut-il rappeler qu’en Algérie, et, plus précisément à Djelfa, Aïn Mguel, Béchar et autres, plusieurs tombes d’exilés et de prisonniers républicains espagnols tués ou massacrés par l’armée française dans des camps de concentration demeurent inconnues, à ce jour, par leurs familles.

 

 

(S. R. O  22/01/2007)

 

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